Déremboursement des médicaments : faire payer les malades pour préserver leurs profits

Depuis aujourd’hui, de nouveaux médicaments sont déremboursés. On nous présente cela comme une mesure “technique”, “budgétaire”, presque anodine. En réalité, c’est un choix politique. Et un choix profondément injuste.

Nous avions alerté lors du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale. Les macronistes, LR et le Parti socialiste ont voté un budget d’austérité pour la santé. Voilà désormais les conséquences concrètes : ce sont les malades qui paient.

Une politique qui dure depuis des années

Depuis des années, les gouvernements successifs réduisent la part de médicaments remboursés par la Sécurité sociale. On fait passer des médicaments de 65 % à 30 %, parfois à 15 %, on en sort certains de la liste, on transfère vers les complémentaires. Résultat : le reste à charge augmente, pendant que le pouvoir d’achat des ménages s’effondre.

Aujourd’hui, un Français consomme en moyenne 41 boîtes de médicaments par an, pour environ 400 euros remboursés par personne chaque année. Au total, l’Assurance maladie rembourse plus de 25 milliards d’euros de médicaments par an. Ce sont des montants importants, qui correspondent à un choix de société : celui de soigner.

Une conséquence directe : le renoncement aux soins

Le problème, c’est que ce système est déjà fragilisé.

Selon une enquête récente, un Français sur trois déclare avoir déjà renoncé à acheter un médicament non remboursé à cause de son prix. Chez les jeunes, les femmes et les ménages modestes, ce chiffre grimpe encore davantage.

Chaque déremboursement supplémentaire aggrave cette réalité.
Quand un médicament passe de 65 % à 30 %, ou sort totalement de la liste, ce n’est pas “une ligne comptable” qui change. Ce sont des patients qui hésitent, qui retardent… et qui finissent par abandonner leur traitement.

Une vision comptable de la santé

Pourquoi ces décisions ?

Premièrement, parce que l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) est utilisé comme un plafond rigide pour contenir les dépenses. Plutôt que d’augmenter les recettes — en mettant à contribution les revenus financiers ou en revenant sur les exonérations massives de cotisations sociales (plus de 70 milliards d’euros par an) — on préfère comprimer les droits.

Deuxièmement, parce qu’une vision marchande de la santé s’impose. Certains médicaments sont classés à “service médical rendu insuffisant”. Ce choix peut être justifié dans certains cas, mais dans d’autres, il s’agit de traitements utiles pour des maladies chroniques, des douleurs persistantes, des troubles du quotidien.

Troisièmement, parce que le recul de la Sécurité sociale ouvre un marché aux complémentaires santé. Moins la Sécu rembourse, plus les mutuelles prennent le relais. Or leurs cotisations augmentent régulièrement, parfois de 5 à 10 % par an. La santé devient un marché. Ceux qui ont une bonne mutuelle s’en sortent, et les autres paient plein pot.

Une rupture avec l’esprit de 1945

La Sécurité sociale repose sur un principe simple :
chacun cotise selon ses moyens, chacun reçoit selon ses besoins.

Le déremboursement casse cette logique solidaire pour la remplacer par une logique assurantielle individualisée. Il transforme un droit en produit.

Et pourtant, la France n’a jamais été aussi riche ! Les grandes firmes pharmaceutiques réalisent des profits massifs, souvent grâce à une recherche largement financée par l’argent public. Les dividendes versés aux actionnaires du CAC 40 battent des records. Mais c’est aux malades qu’il faut “faire des efforts” ?!

Notre alternative : le 100 % Sécu

Nous, à la France insoumise, nous portons une autre logique.

  • Le 100 % Sécurité sociale, avec un reste à charge zéro.
  • Un financement par la cotisation sociale, par la socialisation du salaire.
  • La mise à contribution des revenus financiers et des multinationales du médicament.
  • La fin des exonérations inefficaces.
  • La création d’un pôle public du médicament pour encadrer les prix, planifier la production et sortir de la dépendance aux logiques de profit.

Dérembourser, c’est faire payer les malades.
Nous faisons le choix inverse : garantir l’égalité réelle devant la santé. Parce que la santé, ce n’est pas une marchandise, elle n’est pas négociable !