En juin 2024, le nouvel hôpital Paris-Saclay ouvrait ses portes aux patient.es, avec la promesse d’une modernité clinquante : 49 000 m2 d’infrastructures toutes neuves, 480 lits et un « plateau technique de pointe ».
9 mois après, les résultats ne sont pas fameux et le projet effectif a tout d’un naufrage. Non seulement, nombreux sont les cas d’usager.ères à avoir attendu plus de 5h avant d’être pris en charge mais les réseaux téléphoniques et informatiques sont défaillants. Pour un hôpital présenté comme « high-tech », cela a tout d’une ironie.
Hier matin, un rassemblement a d’ailleurs été organisé par le CGT de l’hôpital pour pointer la dégradation de la qualité de la prise de soins, le manque de moyens accordés au travail hospitalier ainsi que la souffrance pour le personnel qui en découle. Alors que les soignant.es aimeraient exercer leur métier en le faisant bien, certains agents ont évoqué la pénurie régulière de gants de toilettes à usage unique, et la nécessité d’utiliser des slips filets (!) en substitut, afin de mener à bien leur mission de soin.
Depuis le 13 février dernier, le syndicat Sud Santé Sociaux de l’Essonne soutient une grève illimité – le service est maintenu par le personnel et les patient.es pris.es en charge – en revendiquant la création de nouveaux postes d’infirmier.ères et d’aide-soignant.es. Bien que la direction ait répondu positivement à certaines de leur revendications, la réduction du temps d’attente aux urgences n’est pas assez importante pour que leur combat syndical cesse.
Le vendredi 7 mars dernier, j’ai été reçu avec les 3 autres député.es LFI de l’Essonne (Claire Lejeune, Farida Amrani, Antoine Léaument) par la délégation départementale de l’Agence Régionale de Santé (ARS). Durant 2h, nous avons pu aborder un ensemble de points, dont les déserts médicaux et l’hôpital privé de Yerres. La majeure partie de notre rencontre a cependant été dédiée aux enjeux concernant l’hôpital Paris-Saclay, notamment en ce qui concerne l’allongement de la durée de transports pour s’y rendre. En effet, cet hôpital situé à l’extrême ouest du département est le fruit de la fusion des établissements d’Orsay, de Longjumeau et de Juvisy-sur-Orge, et une grande partie des habitant.es des villes concernées doivent maintenant aller plus loin pour se soigner.
Ici, le projet se veut grandiose en concentrant l’excellence technologique et scientifique du plateau de Saclay. A l’image de l’artificialisation écocide des sols pour la ligne 18 du métro francilien, la droite régionale s’acharne à répondre davantage à des exigences communicationnelles qu’à trouver des réponses aux problèmes concrets des citoyen.nes. Aujourd’hui, l’hôpital participe à la création d’inégalités territoriales, sans résoudre des problèmes qui concernent l’ensemble du système hospitalier français : manque de moyens et de personnels, temps d’attente de plusieurs heures dans les urgences, etc.
Comme un symbole, le gouvernement a décidé le 19 mars de geler 9 milliards de crédits du budget 2025. 1,1 milliards de l’assurance maladie est concerné, ce qui approfondira, à n’en pas douter, la destruction systématique des services publics de santé qui a cours depuis des années.
De notre côte, avec La France Insoumise, nous défendons un maillage territorial de proximité, afin que chacun.e puisse avoir accès rapidement et facilement à une offre de soin public et de qualité.