Une attaque contre le droit de grève : une alerte démocratique !

Mercredi 14 janvier, en commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, une ligne rouge a été franchie. Sous un intitulé trompeur — « concilier la continuité du service public des transports avec l’exercice du droit de grève » — la proposition de loi n°140 organise en réalité une attaque frontale, brutale et idéologique contre le droit de grève.

Adopté en commission grâce à une alliance allant du centre à la droite et à l’extrême droite, ce texte porte des reculs sociaux majeurs et remet gravement en cause un droit pourtant inscrit dans le préambule de notre Constitution.

Un objectif clair : rendre la grève inopérante

Le cœur de cette proposition de loi est limpide : neutraliser la grève pour qu’elle ne gêne plus personne. Et pour y parvenir, le texte multiplie les restrictions inédites :

  • allongement des délais de déclaration individuelle des grévistes,
  • interdiction de faire grève sur certaines plages horaires, notamment aux heures de pointe,
  • impossibilité de recourir à des grèves courtes,
  • choix de 30 jours dans l’année par la direction où la grève est interdite
  • préavis rendus caducs s’ils ne sont pas jugés suffisamment « actifs »,
  • sanctions disciplinaires contre les agents qui exerceraient leur droit en dehors du cadre imposé.

Autrement dit : une grève qui ne gêne pas, qui ne bloque rien, qui ne pèse plus dans le rapport de force. Une fiction sociale.

Pire encore, le texte ouvrait la voie à la banalisation de la réquisition des cheminots refusant de se remettre à disposition pour assurer un service minimum. Cette disposition, heureusement rejetée en commission, révèle néanmoins l’intention profonde de ses promoteurs.

Le droit de grève n’est ni un confort ni un caprice

Il faut le rappeler avec force : on ne fait jamais grève par plaisir.
La grève n’est pas un désordre, encore moins un luxe. Elle est l’ultime recours lorsque le dialogue social est rompu, lorsque les alertes sont ignorées, lorsque l’injustice s’installe.

Toutes les grandes conquêtes sociales ont été arrachées par la lutte :
temps de travail limité, congés payés, sécurité sociale, retraites, droits syndicaux, salaires minimums.
Aucune n’a été offerte spontanément.

Remettre en cause la grève aujourd’hui, c’est tenter d’effacer l’histoire sociale de notre pays. C’est envoyer un message clair au monde du travail : « ta contestation n’est pas légitime ».

Le RN, un parti antisocial et anti-travailleurs

Lors des débats en commission, les amendements et prises de position du Rassemblement national ont été sans ambiguïté. Derrière un discours de façade, le RN s’est aligné sur les propositions les plus répressives : restrictions horaires, sanctions, encadrement renforcé des grèves.

👉 Le RN n’est pas du côté des travailleurs. Il ne l’a jamais été.
C’est un parti antisocial, hostile aux droits collectifs, et profondément anti-grève.

Un précédent extrêmement dangereux

Aujourd’hui, c’est le secteur des transports qui est visé. Demain, qui sera réduit au silence ? La santé ? L’énergie ? L’éducation ? À chaque crise, la « continuité » devient un alibi pour attaquer les libertés fondamentales des travailleuses et travailleurs.

La proposition de loi sera examinée en séance le 22 février. Nous appelons les organisations syndicales, les agents, les usagers et l’ensemble de la population à se mobiliser contre ce texte.

Pour notre groupe parlementaire, une chose est claire :
la continuité du service public se construit avec les agents, par l’investissement, la planification et le respect du dialogue social — jamais contre eux.

Lors de l’examen de cette proposition de loi, j’ai pris la parole en commission au nom de mon groupe parlementaire :

J’ai également réagi aux amendements du Rassemblement national, qui illustrent une offensive coordonnée contre un droit fondamental. L’ensemble de mes interventions est à retrouver sur ma chaîne YouTube !