Canicule en mai : les villes de l’Essonne n’ont rien anticipé

Jeudi 28 mai, Météo-France place l’Essonne en vigilance jaune, une décision inédite pour un département qui ne connait pas habituellement de fortes chaleur, surtout fin mai !

Des températures supérieures à 30° C sont enregistrées partout dans le département avec parfois même des ressentis supérieurs à 35° C en extérieur. En intérieur, dans de nombreux bâtiments publics la température s’affole encore plus et ils deviennent de véritables fours.

Ce phénomène qualifié d’«ovni climatique» par les spécialistes révèle notre impréparation complète face aux enjeux climatiques et en premier lieu l’impréparation de nos politiques en place !

L’incapacité de la quasi-unanimité des mairies de la circonscription à répondre aux dérèglements climatiques extrêmes est assez affolant et doit toutes et tous nous interpeller pour l’avenir sachant que ces pics de chaleur, comme les pluies diluviennes vont se répéter de manière bien plus fréquentes et surtout plus violentes.

Les souffrances des populations liées à ces fortes chaleurs restent largement invisibilisées et  l’inaction des mairies qui se contentent de proposer des préconisations sur un panneau publicitaire et deux trois bricoles, on ne peut pas vraiment dire que de grands efforts et surtout une anticipation aient eu lieu !!

Il aurait été par exemple de bon ton de prévoir, à minima, des ventilateurs pour les salles de classe…. Il aurait été agréable de prendre en compte la pénibilité du travail sous les fortes chaleurs et donc de proposer à décaler les horaires de travail voir de laisser la possibilité de faire du télétravail pour les personnes le désirant et le pouvant.

J’en profite d’ailleurs pour adresser tout mon soutien à ces mêmes travailleurs, forcés de travailler et qui ont tenus sans aménagement d’horaires leur poste. C’est indigne de les faire travailler dans ces conditions, à l’heure où deux jeunes travailleurs sont morts cette semaine en France à cause de la canicule. 

Il aurait été aussi super d’aménager des lieux de rafraîchissements. Et il aurait été également merveilleux de voir s’organiser des distributions d’eau fraîche pour ceux qui ne peuvent que difficilement se déplacer sous cette forte chaleur, notamment les personnes âgées et enceintes. A la place, il n’y a… RIEN !

Cette question du « maintenant » est clairement balayé d’un revers de la main par nos édiles mais le pire est à venir. Voici quelques exemples qui montrent une déconnexion totale dans nos villes essonniennes ⤵️

Par exemple pour Montgeron :

Juste avant les élections nous avons vu pousser bon nombre d’arbres dans les rues… Une bonne idée, mais il aurait été bien mieux de les planter en pleine terre que de les planter dans des pots géants qui servent en réalité de serre au niveau des racines et qui font donc crever les arbres !

Autre aberration, lors du conseil municipal du 11 mai 2026, la mairie décide de réhabiliter la toiture de l’école primaire Jean-Charles Gatinot en… zinc et sans prévoir d’isolation dans les combles ! C’est une erreur grave, complètement inconsciente au moment même où les fortes chaleurs rendent déjà les classes difficilement supportables.

Mardi dernier déjà, certains enseignants enregistraient 35°C en début de journée dans leurs salles situées juste sous les toits. Alors qu’élèves et enseignants suffoquent dès 8 heures du matin, la surexposition des grandes fenêtres n’arrange rien pendant la journée.

Dotées de rideaux isolants seulement récemment, et encore manifestement insuffisants, ces fenêtres laissent toujours pénétrer lumière et chaleur sans aucune protection efficace. Elles agissent comme de véritables amplificateurs de la chaleur extérieure, transformant les salles de classe en serres invivables.

À tel point que certaines classes ont dû aller faire cours dans les couloirs pour retrouver un peu de fraîcheur.

Une toiture en zinc contribuerait significativement à aggraver ce phénomène. Métal conducteur de chaleur, le zinc, loin de protéger les pièces de la chaleur, il les transforme en véritables fournaises. N’étant pas un isolant, il ne constitue pas non plus une barrière contre le froid !

Réaliser l’isolation en même temps que la couverture aurait permis d’obtenir un gain énergétique réel, d’améliorer la qualité de l’air intérieur et de réduire la dépendance aux climatisations ou autres équipements polluants. La mairie, elle, préfère opter pour une solution superficielle, esthétique, sans amélioration réelle des conditions de travail. Cette responsabilité est d’autant plus lourde qu’elle touche des enfants et des enseignants qui subissent des espaces publics mal adaptés aux nouvelles températures. Cette logique est d’autant plus absurde qu’une toiture en zinc peut tenir jusqu’à 100 ans. Alors pourquoi ne pas profiter du chantier pour traiter enfin le vrai problème : celui de l’isolation thermique et acoustique ? Pour la mairie de Montgeron, il semble plus facile de soigner l’apparence que le confort réel des usagers…

À l’heure où la chaleur devient un risque majeur, la question n’est plus celle du confort, mais de la responsabilité.

Refaire un toit sans protéger ceux qui vivent au-dessous, c’est accepter que l’école devienne un véritable piège à chaleur. À Montgeron, la modernisation ne devrait pas se voir depuis la rue : elle devrait avant tout se sentir dans les classes.

Une logique similaire est à l’oeuvre au sein du conservatoire municipal dont les travaux de remise à neuf n’ont coûté pas moins de 8,4 millions d’€ !

À ce prix-là, on pourrait s’attendre à ce que le bâtiment ait été conçu de sorte à répondre aux nouveaux aléas liés au dérèglement climatique.

Pourtant, le nouveau conservatoire devient inutilisable dès que les températures augmentent : pas de volets extérieurs pour des baies vitrées orientées plein Sud et toutes les isolations ont été oubliées. Dès juin, les élèves ne peuvent pas y accéder, quand les cours ne sont pas annulés, ils ont lieu dans les couloirs. Cette semaine, des températures supérieures à 35°C ont été plusieurs fois enregistrées, contraignant l’emploi du temps des cours, qui, faute de pouvoir être délocalisés ou déplacés, ont souvent été annulés. La mairie est gardienne de l’intérêt général, et ignorer les aléas climatiques dans un bâtiment public financé par les citoyens c’est ni plus ni moins que du gaspillage d’argent public.

Au fond, le problème dépasse largement le cas de l’école Gatinot ou du conservatoire : il révèle une incapacité même à penser les équipements publics à l’heure du dérèglement climatique.

Dans la 8e circonscription de l’Essonne, les réponses des mairies aux évènements climatiques sont largement inégales et insuffisantes.

Notamment, un phénomène comportant d’importants risques sanitaires d’insalubrité caractérise les logements sociaux des municipalités. Une problématique qui tend à empirer significativement lorsque les températures augmentent. Les mairies se déresponsabilisent de cette situation en affirmant que cet enjeu relève exclusivement des bailleurs sociaux. Or, elles ont le pouvoir de faire pression sur ces derniers en fixant un cahier des charges contraignant qui les obligerait dès lors à respecter les normes de salubrité dans les logements !

Ce phénomène est malheureusement observable partout dans la 8e circonscription de l’Essonne.

A Vigneux sur Seine par exemple, la mairie a décidé de couper des arbres en pleine période de nidification et surtout en pleine période caniculaire. On marche là encore sur la tête ! 

Il n’est plus possible que les mairies se contentent d’œuvres de façade, de réponses partielles ou de décharges vers les autres acteurs. Assumer son rôle de maire, c’est exiger des bâtiments réellement habitables, contraindre les choix techniques à l’usage, et faire enfin primer la protection des personnes. Il serait grand temps de renoncer à l’inaction pour s’intéresser vraiment à l’amélioration du quotidien des populations.

Je ne peux finir qu’en adressant mes plus sincères remerciements à l’ensemble des agentes et agents qui continuent d’assurer leurs missions malgré des conditions de travail rendues particulièrement difficiles par les fortes chaleurs. Qu’ils et elles travaillent dans les transports, les services publics, la collecte des déchets, l’entretien des espaces publics, les hôpitaux, les écoles ou encore les services de secours, leur engagement quotidien permet à notre société de continuer à fonctionner. 

Leur dévouement est d’autant plus remarquable qu’il s’exerce souvent dans un contexte de sous-effectifs, de moyens insuffisants et d’un désengagement progressif des politiques publiques. Face à ces difficultés, ils et elles font preuve d’un professionnalisme et d’un sens du service public qui forcent le respect.

Merci !