Forêt de Sénart, climat, services publics : l’écologie au cœur des débats à Yerres

Vendredi, une soixantaine de personnes ont participé à une réunion publique insoumise consacrée à l’urgence écologique, à la défense des forêts et aux conséquences des politiques d’austérité, avec rencontre a réuni deux co-animatrices du collectif Aux Arbres Citoyens et William, militant écologiste de l’Essonne.

Canicules à répétition, sécheresses, incendies, recul de la biodiversité : les conséquences du dérèglement climatique s’imposent de plus en plus dans notre quotidien. Ce qui relevait autrefois de l’exceptionnel devient progressivement la norme. Pourtant, les politiques publiques restent insuffisantes face à l’ampleur des transformations nécessaires.

C’est autour de ce constat que les échanges se sont organisés : comment répondre à l’urgence écologique lorsque les investissements indispensables sont sacrifiés au nom de la réduction des dépenses publiques ?

L’austérité, un frein à la transition écologique

Les épisodes de fortes chaleurs de l’été 2026 ont une nouvelle fois mis en évidence la vulnérabilité de nos logements, de nos infrastructures et de nos services publics face au changement climatique. Les transports, notamment, subissent directement ces phénomènes : les fortes températures mettent à l’épreuve les équipements ferroviaires et dégradent les conditions de déplacement des usagers.

Face à ces enjeux, les politiques d’économies budgétaires interrogent. La transition écologique nécessite des investissements de long terme dans la rénovation des bâtiments, les transports collectifs, la prévention des risques et l’adaptation des territoires. Réduire les moyens consacrés à ces politiques, c’est prendre le risque de reporter les dépenses et d’aggraver les conséquences humaines, sociales et économiques des crises à venir.

L’urgence écologique ne peut être dissociée de la justice sociale. Les ménages les plus modestes sont souvent les plus exposés aux logements mal isolés, à la dépendance automobile et aux conséquences des événements climatiques, alors même qu’ils disposent de moins de moyens pour s’en protéger.

La transition écologique doit donc s’appuyer sur des services publics renforcés, des infrastructures adaptées et une répartition plus juste des efforts financiers.

Préserver la forêt de Sénart : un enjeu local et national

La protection de la forêt de Sénart a occupé une place importante dans les échanges, avec la participation de deux co-animatrices du collectif Aux Arbres Citoyens.

Les forêts jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, le stockage du carbone, la régulation des températures et le maintien des équilibres écologiques. Mais elles sont elles-mêmes fragilisées par les sécheresses, les fortes chaleurs, les maladies et la multiplication des épisodes climatiques extrêmes.

Selon les données de l’Inventaire forestier national citées lors de la réunion, la mortalité annuelle des arbres en France a fortement augmenté au cours de la dernière décennie. Cette évolution rappelle qu’une forêt ne peut pas être évaluée à sa seule superficie : son état sanitaire, sa capacité de renouvellement et sa résilience face au changement climatique sont tout aussi déterminants.

La protection des massifs forestiers suppose ainsi une gestion pensée sur le long terme, attentive aux écosystèmes et affranchie des seules logiques de rentabilité immédiate. À Sénart comme ailleurs, préserver la forêt, c’est protéger un patrimoine naturel commun et préparer l’avenir.

Financer la transition plutôt que réparer les dégâts

La réunion a également permis d’aborder la question centrale du financement de la transition écologique. Adapter les logements, les écoles, les hôpitaux, les réseaux de transport et les communes aux nouvelles conditions climatiques exige des moyens importants et durables.

La question ne peut se résumer à une opposition entre impératifs écologiques et contraintes budgétaires. Il s’agit au contraire de déterminer quelles dépenses sont prioritaires et qui doit contribuer à les financer.

À la France insoumise, on défend une réorientation des choix budgétaires en faveur des infrastructures collectives, des services publics et de la prévention, ainsi qu’une contribution plus importante des patrimoines les plus élevés au financement de la transformation écologique.

Car les économies réalisées aujourd’hui sur la prévention peuvent entraîner demain des coûts bien supérieurs : réparations après les catastrophes, dégradation des infrastructures, pertes agricoles et conséquences sanitaires. L’inaction climatique a elle aussi un coût, et ce sont trop souvent les populations les plus vulnérables qui en supportent les conséquences.

Faire de l’écologie une priorité politique !

Collectivement, on a rappelé que l’urgence écologique ne peut être traitée indépendamment des choix économiques et sociaux. Préserver les forêts, adapter les territoires, développer les transports collectifs et protéger les populations nécessitent une politique cohérente, des investissements de long terme et une véritable solidarité.

Les échanges avec les représentantes du collectif Aux Arbres Citoyens et les militants écologistes de l’Essonne, ont permis de croiser les enjeux nationaux avec les préoccupations locales, notamment autour de la préservation de la forêt de Sénart.

Face au dérèglement climatique, le choix est politique : subir les crises et en faire payer le prix à la population, ou anticiper, investir et protéger notre environnement commun.

L’écologie ne doit pas être sacrifiée sur l’autel de l’austérité. Elle doit devenir une priorité de l’action publique, au service de l’intérêt général et de la justice sociale !